Publié par : baalafre le : 28/09/2010
Climat nordique oblige, j’ai été contraint de me délester de 22€ chez mon médecin pour qu’il me dise que je suis malade (sans blague, moi qui était venu te dire bonjour, goujat) et que j’ai besoin de médicaments. Médicaments évidemment différents des soixante autres que je possède déjà. Merci l’industrie pharmaceutique, je me demande ce que j’aurai pu faire de mes dix euros si je ne les avais pas dépensé pour trois boites qui seront à peine entamées. Enfin, passons, ce n’est pas le plus intéressant.
<<Mais qu’est-ce qui peut être plus palpitant que ce tu viens de raconter?>>
La longue attente qui précède le tête à tête avec le médecin pardi! Les magasines éparpillés sur une table basse sensés distraire les patients inconscients qui n’ont pas eu la chance de bénéficier d’une consultation à domicile, les dépliants informatifs traitant de tous les problèmes médicaux imaginables, du papillomavirus aux hémorroïdes en passant par l’ablation testiculaire… A première vue, une salle d’attente dans un cabinet médical n’a rien d’une salle de tortures. Et pourtant, l’évocation seule du terme salle d’attente donne la chaire de poule a pas mal de monde.
<<Mais qu’est-ce qui rend la rend si terrifiante? Le papier peint ?>>
Les raisons de mon dégoût profond -et celui de 99% des français- sont nombreuses et la combinaison de celles-ci rend l’attente post consultation laborieuse. Il y a d’abord le temps d’attente ridiculement long. Compter vingt minutes par tête de pipe, pour peu qu’on arrive 5 minutes trop tard, nous voila bon pour une heure de pied de grue. Et le pis c’est qu’on passera ensuite 5 ou 6 petites minutes devant le médecin avant de rentrer piteusement à la maison. Enfin, ce ne serait pas trop important si l’attente n’était pas si monotone. En effet, les quelques malheureux magasines mis à notre disposition datent de l’avant guerre et ont pour titre “Gala” ou “Voici”. Si on est déjà passé une ou deux fois avant, on les connait par coeur et on est bon pour passer 45 minutes à regarder le sol.
<<Mais, pourquoi la discussion ne s’engage-t-elle pas entre les clients patients?>>
Peut-être parce que personne n’a rien à dire d’intéressant. Quoique, une fois sur dix, on a de la chance et on tombe sur Michel et Bernard, les deux piliers du bar du quartier qui ont réussi à l’exploit de passer plus de temps devant le comptoir à s’enfiler des bières qu’au boulot, et ce sans mourir d’une cirrhose à 40ans. Dans ce cas, on a le droit à un exposé détaillé sur le temps qui devient froid, sur sarkozy qui fait <<que de l’merde hein>> à grand renfort de patois local.
Et puis soudain, sans crier gare, la porte s’ouvre et le médecin fait irruption. C’est à nous, enfin! Pas d’ailes à plume, pas d’auréole et pourtant, le toubib prend alors des airs d’ange libérateur. Il met fin à une attente aussi interminable qu’insupportable. Le reste n’est qu’une formalité. Plus rien ne peut nous effrayer quand on vient de respirer pendant une heure un concentré de remugles d’haleines douteuses en écoutant le discours beauf du peigne zizi du coin et en supportant les pleurs d’un bébé enrhumé. On a pris du niveau.
Et enfin nous voilà quitte de cette visite… Jusqu’à la prochaine.